Tu coules dans mes veines, courant puissant qui étreint ma peine. Je ne sais plus qui je suis de toi ou de moi, qui m'ensorcèle. La lutte est subtile, de pas en entrechats, de sauts en entrelacs, je pirouette, comme une chatte qui débobine le fil de ta pensée.
Envoutée, je te suis des yeux, je dessine ton ombre avec mes cils, ma peau frissonne au souffle de ta vie.
Je pleure des larmes d'eau saumâtre, ou des gouttes de pluie sale,depuis que je t'ai quittée cet après midi là, franchissant tes remparts, tombés le matin, remontés le soir.
Ma tristesse est sombre comme la vase que tu charries, fatalité qui veut que tu sois si loin de moi.
Je ne peux pas t'oublier, parfois je le voudrais, comme de me laver de tes miasmes, qui recouvrent ma peau comme le linceul de ton deuil.
Femme de marin, je tourne le dos dès que ton bateau a quitté le port, je vaque à ma vie sans toi, comme si elle se finissait encore, et encore, puisqu'au fond, de nos retrouvailles jamais je ne suis certaine.
Va!
Mon coeur n'est pas assez grand pour contenir cette douleur, elle déborde de mon corps, elle se couche à mes pieds, ne la vois tu pas?
Je vais lui marcher dessus, lui faire un sort, la pousser du pieds dans un coin de mon âme, comme si fermer une porte permettait de fermer les yeux et d'anéantir le souvenir qu'il me reste de toi.
Que fais tu encore là?
Je t'adore et je te hais tout à la fois, je suis folle de toi et ça me rend folle, quitte moi pour que je puisse être affligée, pour que je puisse souffrir raisonnablement.
Pars! non! c'est moi!
Adieu.
Solveig.
the longest night
Il y a 6 ans