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jeudi 6 mai 2010

Nous voilà.

Loève et moi n'avons pas fini la tapisserie. Néanmoins, les mots s'accumulent dans le carton dans la chambre sud, et nous souhaitons faire un peu d'ordre, histoire de voir le soleil briller sur le plancher.
Nous avons retrouvé des feuilles de papier volantes, nous ne savons plus qui d'elle ou de moi a rédigé ces deux textes là, les deux qui suivent.
Vous allez bien être volontaires pour nous remettre les papiers dans le bon cahier?
Tiens, Loève me souffle à l'oreille que ceux qui trouvent auront la possibilité de nous souffler un sujet de texte. Nous aimons les exercices de composition voyez vous.
Plus il y a de fous,....


Texte retrouvé (carton marqué "fragile") UN:

"J’étais dans mon cocon, dans ma bulle. Seule.
Parfois, une lumière forte réchauffait mes yeux, qui se fermaient par réflexe.
Je ne sais pas si ma veille était de nuit ou de jour, je ne sais plus le temps que j’ai mis à me lover, là, dans ta main.
Un souffle a chatouillé ma joue.
Était-ce ma joue ?
Un doigt a caressé ma peau.
Était-ce ma peau ?
Mes cils faisaient persiennes, ma bouche avait soif, mes bras réclamaient d’embrasser, mes jambes de marcher.
Un côté de mes hanches était chaud, encore plus chaud que l’autre. C’est cette sensation qui m’a fait me retourner.
Je t’ai vu.
Je me suis vue dans tes yeux.
Je n’étais plus la même, n’est-ce pas ?
Tu as dit mon prénom, .... , j’ai su que c’est ainsi qu’il fallait que je dise, pour que je sache qui j’étais.
Dehors, les arbres nus redevenaient verts, entre hier et ce matin le ciel avait disparu sous les ramures.
Un parfum ancien remontait du jardin, aurais-tu coupé l’herbe ? fauché les ronces ?
Le drap blanc avait pourtant la même souplesse, les murs étaient doux sous mes doigts, le bois soyeux sous mes pieds nus.
Je te vis marcher, j’entendis ta voix, je fermais les yeux, pour garder mémoire.
Mes cheveux avaient poussé, ma voix était plus rauque, mon corps endolori et pourtant je le sentais bien plus vif qu’avant.
Avant quoi ?
L’hiver.
L’hiver endormi avait régénéré mes cellules, éclairci mes pensées, j’avais changé, semblable et une autre à la fois.
Comment pouvais-je t’annoncer cela ?
L’irréductible besoin d’être moi avant nous, d’être, avant tout.
Tu te coucheras sur moi ce soir, nous dormirons ensemble, je sais que tu sauras, que mon corps et le tien ne font qu’un, mais que mon âme n’appartient qu’à moi."


Texte retrouvé (carton marqué lingerie):

"Avec ses mains, il prit mon visage.  Son regard se posa sur ma longue chevelure. Entre ses doigts, il faisait glisser mes mèches. Il ferma les yeux. Je sentais qu'il essayait de se souvenir. Il enfouit son visage dans mon cou. Son souffle remontait le long de mon oreille. Il recula. Oui, je sais, j'ai aussi changé de parfum. Il me saisit par la taille. Ses lèvres se plaquèrent sur les miennes. Il me goutta, me mordit, m'aspira, me caressa. Il cherchait. Il me cherchait. Il était perdu. Alors doucement, je lui fermais ses paupières. Et, doucement je posais mes mains sur son visage. Sous mes paumes, je sentais ses larmes couler le long de ses joues. Ma bouche, posée sur son menton, était là pour les recueillir. Je ne me souviens plus combien de temps nous sommes restés ainsi. Nos pieds nus à même le sable s'enlisaient petit à petit. Les vagues venaient et s'en allaient sur nos mollets. Puis, il rompit le silence. Je savais déjà ce qu'il allait me dire...

- Ne pars pas.
- Si. Tu le sais bien.
- Pas cette fois ci.
- Je te quitterai encore et encore.
- Mais celle ci sera celle de trop.
- Peut-être. Mais pour le savoir, je dois m'en aller.
-Alors ne reviens plus.
-Je reviendrai pour le plaisir de te revoir, de te retrouver, de te redécouvrir. Mais pour cela, je vais encore te laisser. Ainsi, j'éprouverai le manque de toi, l'envie de toi."


A vous !

mardi 16 mars 2010

La route.

Bien sûr, j'aurais pu choisir la ligne droite.
Mais quand on s'appelle Solveig, on préfère les courbes.
Elle est devant toi, la route. Le ruban noir. Tu l'imprimes dans tes yeux.
Tu serres les cuisses un peu plus fort, les genoux aussi, tu refermes tes mains, tu agrippes fermement, tu ne dois pas lâcher.
Et puis tu lèves les yeux, la tête, tu regardes loin, ton regard anticipe.
Tu sais qu'il va falloir onduler, le plaisir va saisir tes fibres, tu feras corps avec elle.
La courbe, elle, est dans ton corps avant que tu la touches, avant que tu bascules légèrement sur le côté, et que le vertige te saisisse.
Si quelqu'un te voyait, il verrait un seul être gîter, et se redresser en sinuosités, les roues, le bassin, les  bras, les courbes dans la courbe.
Et repartir de plus belle.
Accélérer, aller  plus vite, donner de la puissance, se pencher en avant doucement, pour que ton cou reste bien dans l'axe de ton dos, et que la rondeur du casque ne soit pas une prise au vent.
Parce que tu résistes, tu luttes pour être toujours unie à ton engin dont tu as la carrosserie entre les cuisses, la rondeur, le confort, elle se moule à toi, ou toi à elle, ta bécane.
Tu passes tes vitesses, danse des pieds et des mains, coordination, main, pied, main, pied, mettre les gaz, main pied, encore, tu montes en puissance, le paysage se déroule encore plus vite, comme dans les films où tu vois derrière le personnage la fenêtre du train, celle de la voiture, et le flou des couleurs, du vert, du gris, du bleu.
Tu as chaud sous ta veste, froid aux jambes, alors tu cherches la chaleur du moteur, tu es assisse dessus, tu réalises que tu maîtrises quelque chose de plus fort que toi, tu te fais humble et tu te concentres, le plaisir emporte tout, mais avant, vibrer encore, vivre toujours.
Et en jouir.

mardi 9 février 2010

Maestro

Tu m'as souvent dit que mon corps est un tableau.
Beau parleur, aujourd'hui je te prends au mot.
Tiens, quelques outils, quelques pinceaux, n'hésite pas, mon corps sera ta toile.

Mmmm, oui, comme tu as raison de commencer par là...mon pied droit.
Tu parcours la plante, vierge encore, tu y poses quelque pinceau fin, en soie c'est certain, sa douceur me fait frémir, tu as trouvé le toucher, ni trop fort ni trop léger, déjà les frissons qui ne sont pas de rire, me prennent.
Oui, passe au dessus, là, sur mon cou de pied courbé, prêt à se laisser plier à ta volonté, tu me caresses, quelle couleur déjà? rouge, comme la passion, je sens qu'elle monte.
Tu chuchotes à mon oreille alors que ta main se fait subtile, je ne sais plus où tu en es... la cheville, le mollet? aaah, je te sens derrière le genoux, ma peau se hérisse, ma voix s'en mêle, j'ai chaud, alors que je suis nue, sur ce lit bien trop grand, et toi, enlève cette chemise, tu ne te tacheras pas, c'est promis.
Comment, déjà, tu quittes ce sésame pour remonter ma cuisse? pourquoi ne dis-tu plus rien, je sens ton souffle qui vibre, et ta main se met à trembler. Je me laisse tomber...
Je te conseille de ne pas prendre ce chemin, je ne pourrais pas tenir jusqu'à demain, va plutôt là, en bas de mon dos, ah, non, ce n'est pas une bonne idée je succombe à cette peinture là aussi, dans ce creux, le début d'une faille dont on ne connait jamais la fin, qui mène aux mêmes émois que par là...devant...
Non, suis ma colonne... oui... non... je ne sais plus, c'est que j'ai faim vois-tu?
Laisse moi te voir en peintre du dimanche matin, ton pinceau à la main et ton envie te guider.
Je voudrais aussi bien que tu utilises tous tes accessoires pour me peindre, me dessiner le corps, l'enduire de tes désirs, le parcourir de ta pointe comme un stylet, doucement, sans vouloir se presser.
Je te fixe, mon Michel-Angelo, mon Titien, tu es beau comme une sculpture de Rodin.
Ah, tu as repris le pinceau après cette mise en appétit, tu m'empêches de bouger, tes genoux autour de ma taille, comme un étau de velours, tu arasbesques mon devant, tu voyages sur la géographie de mes montagnes, tu voudrais planter le drapeau de la victoire, mais tu sais trop bien jouer de moi et de  mes sens, j'ai trop envie et tu la fait durer, car tu sais que je peux être avide.
Te voilà redescendu au nombril, mon Dieu, déjà, seulement?
Mais va plus vite, regarde, je me tord sous toi, tu ris presque, tu savoures ton pouvoir qui ne tient qu'à tes cuisses et ton pinceau, je me vengerai tu le sais, tu l'espères, alors tu plonges dans ma forêt noire, les soies ténébreuses s'emmêlant, méfies toi, tu risques de ne plus en sortir...tu es bien trop près du Graal, tu vérifies longuement que la porte fonctionne, avec un toucher on ne peut plus délicat, tu fignoles ta toile, tu l'améliores à ton goût, cela pourrait durer des siècles mais je m'évanouirai avant, je n'ai plus d'air déjà tu le sens?
Détache moi, délivre moi, utilise ton calame pour signer ton oeuvre, tu le sais c'est un incunable, il est unique ce plaisir là, c'est le tien, c'est le mien...
Je suis ton encrier...et crie!
Maestrooo...

lundi 8 février 2010

Mise à nu. #2

"ACTION"

Dans ton salon, assis dans ton chesterfield, tu regardes la pluie tomber. Tu écoutes le vent faire craquer la maison. Les feuilles des arbres sont tombées depuis déjà un mois. Tu aimes ces soirées d'hiver. Lorsque le temps semble s'arrêter. Faire une pause. Moi aussi.

Tu as éteint la lumière. Les flammes du feu qui se consume dans la cheminée, dessinent des arabesques sur ton visage. Je ne me lasse pas de te regarder. Tout en toi m'attire.



Doucement je commence à déboutonner ta chemise que j'enfile tous les soirs en rentrant. Je te regarde. Un bouton. Tes yeux noirs pénètrent mon regard. Je trésaille. Deux boutons. Ton sourire en coin caresse mes lèvres. Je frémis. Trois boutons. Ta peau mate effleure ma main. Je faiblis. Quatre boutons. Tes cheveux d'ébène frôlent mon cou. Je frissonne. Cinq boutons. Ton torse galbé se plaque contre mes seins. Je..je...perds pied...Six boutons. Tu recules. La chemise glisse le long de mes bras, et tombe sur le plancher.

Tu regardes mes seins. It's not.

Je me tourne j'observe la pluie glisser sur la baie vitrée. Je sens ton souffle chaud dans mon dos.

Tes mains saisissent ma taille. Puis descendent vers mes genoux. Puis remontent le long de mes cuisses. Mon corps ondule. Yes, it's not too. Alors, tu tires vers le bas ma jupe.

Mise à nue, tu m'installes dans ton chesterfield.

Les flammes, du feu qui se consume dans la cheminée, dessinent des arabesques sur mon corps. Tu ne te lasses pas de me regarder. Tout en moi t'attire.



"COUPEZ ! c'est bon à la garde?"

dimanche 24 janvier 2010

Djinn...

Regarde-moi...oui...ici, lorsque tu soulèves mon épaisse chevelure...tu le vois...ce petit tatouage au henné...éveillant ta curiosité ...

Hume-moi...oui...ici, dans mon cou...tu sens...ce mélange de roses, de violettes, d'aubépines...attisant ton désir...

Écoute-moi...oui...ici, ton oreille posée sur mon sein gauche...tu entends...le rythme du battement de mon cœur...envoûtant ton âme...

Caresse-moi...oui...ici, dans le creux de mes reins...tu sens...c'est chaud...ma peau brûle la pulpe de tes doigts...

Lape-moi...oui...ici, "là" ... oui ... oui ... oui ... tu savoures ce nectar de cassis et de vanille...aiguisant ton plaisir...


Tu m'appartiens. Tu es à moi. Tu n'y peux rien.



Oui.
Oui prends là cette dernière clochette accrochée autour de ma taille.
Oui.
Je t'appartiens.
Oui Je suis à toi.
Je n'y peux rien...

Enfin...

si...


car tu ignores qui je suis...





Hugaux MASSI

(oeuvre est réalisé d'aprés la couverture du tome 3 de la serie DJINN de Jean DUFAUX et Ana MIRALLES chez Dargaud)

jeudi 21 janvier 2010

OUI !

 
J’ai envie.
Tu sais comment je suis quand ça me prend, l’effet que cela te fait, ce tremblement de terre qui fait vibrer mon sang.
La première fois que tu l’as vu, c’est à notre première rencontre. Je t’ai fui, je ne voulais pas te faire peur, que tu croies que mon appétit était comme un noeud coulant, non, au fond, je suis bien trop gourmande, il ne me suffit pas d’un, ni d’une fois.
Tu es donc apparu, statue grecque mobile, tout l’art des grands sculpteurs en un morceau de chairs et d’os, de muscles et de douceurs…
Je te dévorais des yeux, derrière mes lunettes de soleil, tu as souri, un peu inquiet, un peu intrigué.
Tu as touché ma main, mon épaule, on s’est fait une bise sage, si sage que ta bouche a juste déposé de l’air sur ma joue.
Dès que nous avons été seuls, nous avons voulu nous reconnaître en corps à corps, il a fallu que tu enlèves mon jean serré, je n’avais qu’à soulever un pan de ta chemise, tu as senti le tissu de ma peau, j’ai goûté la statue salée de ma langue acérée, nous nous sommes possédé comme deux beaux diables, désirant le feu de l’enfer dans la jouissance d’un septième ciel.
Depuis, chaque rencontre est un feu inassouvi, une passion brûlante hypnotique.
Avant même de te voir mon corps dit oui, il sait, il anticipe, il cherche, il bouscule les autres humains qui barrent son passage, juste pour retrouver ce toi qui m’emporte .
Hier et demain, aujourd’hui, ce matin, là, ce soir quand j’écris, sais-tu ce qui m’envahit ?
Je te laisse imaginer la soie, et les plumes, le corsage et la jupe, le talon et la pointe, les courbes et l’entrelacs de mes jambes avec les tiennes…Souviens-toi, c’était il y a peu, mais c’est encore si loin, de ces draps blancs au sol, de cette joute, de ces moments, secondes, minutes, éternité, près de la porte, moi debout et toi…Toi qui me portait avec juste deux doigts. J’ai manqué m’évanouir de plaisir, j’avais faim tout le temps, et tu me donnais tout.
Toi, mon âme, mon Corpus Sanctus, je te veux, t’engloutir de mes lèvres, et t’introduire dans mon feu sacré.
Toi, l’amant aimant, mon nectar, le fluide de mes passions, j’ai envie d’être possédée à nouveau, me fondre, me liquéfier, brûler et souffrir de trop t’aimer…
Tant la jouissance est forte qu’elle me porte en-vie.

lundi 18 janvier 2010

NON



CREDIT PHOTO ICI


Tu me regardes depuis un certain temps déjà, je vais continuer de t'ignorer, faire comme si tu n'étais pas là, absent.
Dehors, la neige avait posé son blanc manteau.
La cheminée ouverte crépitait ses flammes, les mains dans la farine je te sentais dans mon dos, ta carrure me faisait de l'ombre.
Je devinais tes pensées, les gestes que tu voulais y associer, et moi, je ne voulais pas. Non.
Ta bouche s'est posée sur ma nuque, j'ai tressailli mais non, la farine réclamait toute mon attention.
Ta main s'est glissée sous mon pull, a senti le coton de mon débardeur, est redescendue pour contourner l'obstacle mais non, je me suis échappée vers le panier à œufs, je n'ai pas envie.
Tu me suis, pas à pas, tu souris, sûr de toi, mais non, pas maintenant.
Plus tard, tu repasses de ton corps de mâle contre ma laine de maille, non, là, tu vois, j'écris, je n'ai pas envie de toi.
Il fait nuit à présent, je travaille encore mes mots, tu me touches avec ta paume, contre ma joue, je ne dis rien, je ne suis pas encore là, c'est non, pas le moment.
Enfin, tu te couches je vais pouvoir finir avant de m'endormir auprès de toi, mais pas seulement.
Il fait encore bien froid dehors, je le sens car l'air est frais et j'hésite à quitter mon pull.
Je m'allonge, encore ailleurs, avec les mots et les démons de mon corps.
Et ta main dans mon dos et ta jambe sur ma cuisse, oh non, je suis fatiguée, pas envie, ta voix dans mon cou qui me glisse un ou deux mots bien sentis, ceux qui...
Non...
Et la main, qui glisse sur mes seins, sur mon ventre...ohhh non j'ai froid, s'il te plaît...
Nooon...
Je ferme les yeux, je serre fort, je tiens dans la main mon gri-gri, celui qui m'aide à dormir que je porte toujours autour du cou, je suis sûre que ça va m'aider à ne pas...
C'est ton parfum qui se mêle de nos affaires, que vient il m'affleurer les appétits, pourquoi me donne t-il faim, j'ai faim, oui, mais j'ai dit non.
Tes doigts, si chauds si doux, tiens je te le croque, je te le mange avec application, tu aimes, comme c'est étrange, tu souris encore plus, j'ai dit non pourtant, je suis si...
Fatiguée?
Non.
Désarmée.
Mon corps s'abandonne, m'abandonne, il me lâche, il se carapate contre le tien, ils font ventouse, c'est l'effet Newton, la pomme qui tombe dans le bec du renard.
Laisse donc tes mains, va, je suis à toi, j'ai mieux dit non un jour, mais parfois, il faut savoir dire oui.
Viens.

dimanche 10 janvier 2010

Spleenétique...

Lorsque Baudelaire, écrivait " Sous la coupôle spleenétique du ciel",

le ciel était-il chargé de flocons?


C'est arrivé comme ça, doucement..., un cafard. Sans cause. Profond. Permanent.

Un ennui. Tout m'était source d'ennui. Moi. Lui. Eux.

Une anxiété qui devint mon quotidien. Excessif.

De l'abattement. De la tristesse.

Puis une fuite. Une fuite dans le rêve. Une fuite pour fuir cette douloureuse réalité. L'insatisfaction que j'éprouvais de ma vie.

Aujourd'hui je suis là. Je ne sais pas, plus (?), depuis combien de temps. Je regarde la neige tomber. Je n'arrive pas à trouver ça beau. Pourtant ça doit l'être. Il paraît.

Je retourne à mes rêves. Mes rêves. Là, où je suis une autre. Là, où je sais qu'il viendra. Là, où il ne me parlera pas. Là, où il me regardera me déshabiller.

Le claquement de la porte d'entrée me tire de mon songe mélancolique.
Il est là.
Il me regarde.
Il ne dit rien.
 
Je l'entends sortir son chevalet.

Je fait glisser mon plaid sur le sol.
Je suis nue.
Je m'allonge sur la méridienne.

La neige tombe sur le puit de lumière de son atelier.


Je sens qu'il commence à caresser du regard le contour de mes courbes.
C'est doux.
Chacun de ces gestes sur son esquisse est d'une douceur infinie.

Je ne le regarde pas, car, si comme le disait Modigliani : "Quand je connaîtrai ton âme, je peindrai tes yeux." Je ne veux pas qu'il perçoive cette âme à la couleur de l'ébène.

Je regarde la neige tomber.
C'est beau.
Amedeo Modigliani
Grand nu
(Le Grand Nu)
ca. 1919
Museum of Modern Art, New York


mardi 5 janvier 2010

L'Italien.



                                                        (crédit photos: David Rombeau)

J'étais partie de chez moi une dizaine de jours pensais-je. Besoin de me ressourcer, de m'éloigner de l'air étouffant du quotidien, besoin de grands espaces et d'air pur.
La petite maison de montagne où je Le rencontrais encore parfois était trop perdue au milieu des neiges, inaccessible sauf en chasse neige, et vraiment je ne voulais déranger personne, autant par discrétion que par envie de ne rien dire sur mon adresse temporaire.
Je pris donc un billet d'avion vers l'Italie, où même les températures négatives sont chaudes, une histoire de couleurs et de lumières sans doute.
Firenze, n'était pas trop loin du gîte que je louais pour l'occasion, niché dans les collines douces de Toscane.
Dans le dénuement que j'avais choisi, le confort était minime. Je devais couper mon petit bois, faire chauffer l'eau si je souhaitais me laver dans le luxe, et le courant était alternatif, sans mauvais jeu de mot.
La seule personne à qui je confiais mon numéro de téléphone était celle-là même qui ne pourrait  me rejoindre, du fait de ses obligations familiales.
Nous nous aimions à distance, cela était plus raisonnable.
La maison, en pierre ocre, au toit de tuile, se composait d'une grande pièce à vivre et d'une chambre. J'avais  cinq kilomètres à parcourir en vélo ou à pied pour rejoindre Florence, balade quotidienne, qui elle seule me faisait sortir du lit.
J'aimais cette terre passionnément. Envoûtée par la langue, charmée par le paysage, je ne connaissais pas ses habitants. Une femme seule intriguait, dans le pays où la famille est un credo, mais si on me regardait avec curiosité, la volubilité ne faisait pas défaut. Assaillie au marché par les sons colorés, par les senteurs des légumes et des fruits, je restais souvent béate d'admiration devant le talent culinaire le plus simple, assaisonner une tartine de pain encore tiède à l'aïl et l'huile d'olive, avec un fromage de chèvre des plus frais ou bien d'une tranche de prosciutto dont on voit rarement la vraie couleur sous nos latitudes...n'ayant jamais eu besoin de faire quelque régime que ce soit, j'adorais goûter toutes ces saveurs qui me ramenaient guillerette à la maison, une bonne bouteille de "Brunello di Montalcino" les jours que je marquais d'une fête, juste parce que j'avais croisé une jolie fleur sur le chemin, ou un "Sangiovese", pour le verre plaisir du soir, celui qui se boit, assise devant la cheminée avec un bon livre à défaut de Sa compagnie.
Un jour, je rentrais sur la route sinueuse, promeneuse solitaire, une silhouette vint à ma rencontre, débouchant sans doute d'un des nombreux sentiers que je croisais.
De loin, il était grand, mince, il ressemblait...à celui que j'aurais pu attendre, mais qui ne viendrait pas. Quoique. Mon coeur battait la chamade, serait-il possible?
Devenues coton, mes jambes ne me portaient plus, je m'arrêtais sur le côté de la route, cherchant en vain un arbre sur lequel m'appuyer ou derrière lequel me dissimuler.
Je ne voulais pas que ce soit lui, non, je n'étais pas prête, il faudrait se séparer ensuite et cela je ne le pouvais plus, ne pas le revoir pour ne pas le quitter, c'est ce que j'avais décidé.
Il arrivait à ma hauteur, un regard amusé, intrigué et dans un bel italien que je ne comprenais qu'à demi mot, il se proposa de porter mon panier, sans doute à cause de la défaillance dont il venait d'être témoin.
J'étais tétanisée. Ce n'était pas Lui, mais son frère jumeau. Il n'avait pas de frère bien sûr, mais vraiment la nature peut jouer des tours, je l'appris à cet instant précis.
Je bafouillais rougissante, un "Si, grazie" et le suivi, presque à son bras.
Il avait la démarche souple, le bras fort, et sa voix douce chantait son pays à mon oreille.
Il avoua enfin, que le gîte était celui de sa grand mère, il avait voulu rencontrer "i francesi" parce qu'il avait vécu à Paris petit.
Je n'eus pas besoin de l'inviter, au fond il était chez lui, et il me montra comment me servir de la cafetière, celle qui était cachée dans un recoin de la cheminée, et que j'avais prise pour un objet de décoration.
J'ai aimé le voir moudre le café, comme s'il transmettait un savoir et je le regardais, encore sous le choc.
Ce premier après midi, nous n'avons pas beaucoup parlé. Je devinais qu'il voulait en dire plus, mais qu'il fallait d'abord que je fasse mes preuves. Mes preuves de patience, de découvertes, d'imprégnation des lieux. Là seulement il pourrait me désigner les choses, le paysage, les gens et me raconter leur histoire...Et là seulement, je le comprendrai.
Sa présence me chatouillait, j'avais des envies d'embrassades, comme celle de me lever soudain pour regarder par la baie vitrée, le jardin empli de roses.
Il m'avait réveillée, je sentais mon sang s'échauffer, l'hibernation se terminait, il me fallait un contact humain, qui passait par la voix, les yeux, la peau.
Cosimo m'ouvrait la porte d'un pays que je cherchais depuis longtemps sans l'avoir trouvé...je n'étais sans doute pas prête avant, mais à présent que j'ouvrais les yeux, il me fallait tout prendre, tout voir, tout tenter, vivre et en jouir, chaque jour comme s'il était le dernier. Dolce Vita?
C'est ainsi que commença notre histoire.
Ta.

Solveig.

dimanche 13 décembre 2009

Tic tac tic tac...




Tic tac tic tac...
La nuit tombe.
Tic tac tic tac...
Le repas mijote.
Tic tac tic tac...
J'ai faim.
Tic tac tic tac...
Je mange.
Tic tac tic tac...
Le repas refroidit.
Tic tac tic tac...
Je prends "ton" livre.
Tic tac tic tac...
(...)
Tic tac tic tac...
"Mon" livre est fini.
Tic tac tic tac...
Je me glisse dans ton lit.
Tic tac tic tac...
J'écoute tous les bruits.
Tic tac tic tac..
J'entends le moteur de ta voiture...Puis les clés dans la serrure...La porte du placard de l'entrée...Bruits de vaisselle, de micro-ondes, de couverts dans une assiette.
Raclement de la chaise sur le parquet. Porte de la salle de bain. L'eau qui coule sur ton corps. J'écoute.

Tic tac tic tac...
 Tic tac tic tac...
 Tic tac tic tac...

Ta main sur mon dos ... Tic tac tic tac...


Tes lèvres sur ma nuque ... Tic tac tic tac...

Tes doigts dans mes cheveux...Tic tac tic tac...

Tes mots dans mon oreille...Tic tac tic tac...

Sur ma taille ...tes mains sont arrivées là...Tic tac tic tac...

Sur mes cuisses...(...)...c'est ta langue, non?... Tic tac tic tac...




Tic tac tic tac...










Tic tac tic tac...




 Tic tac tic tac...




MMMMMMMMMmmmmmmmmmmmm


Loève..... (avec l'aimable contribution d'un admirateur anonyme ;o))








jeudi 10 décembre 2009

Cliché.


Le nu Provencal, Willy Ronis.

Ce matin, j'ai trouvé dans ma boite aux lettres, ce cliché, pris il y a tant d'années, par un autre homme pour une autre femme, mais c'était mon histoire qui s'y trouvait..
Cet épisode surtout.
L'homme qui partageait ma vie, avait sur le monde une vision pragmatique: l'été, c'était les vacances, les vacances sont faites pour se reposer.
Ainsi donc, le matin, il posait sur les draps blancs de notre matelas à même le sol, une tasse de café fumant, avec quelques tranches de pain, grillées à la flamme du réchaud. La confiture était celle de la voisine, et le beurre venait de la ferme en bas de la sente qui menait à la rivière.
Nous venions de finir le café. J'avais remonté les draps sur ma poitrine dénudée, puisque c'est ainsi que nous faisions alors, marcher, dormir, lire, vivre, nus, seuls, sans le regard des autres, juste lui et moi.
Ma peau avait naturellement bronzé, j'étais brune comme un pain d'épices en plein été, et lui, ses jambes longues de marcheur de montagne, infatigable, et ses  bras entraînés à couper le bois pour le feu du soir...magnifique spécimen masculin.
Le drap blanc tranchait ma peau, mon bras le long de ma jambe, comme un serpent, et mes yeux fixant l'homme à mes côtés. Ainsi qu'à son habitude, il avait posé ses lunettes sur son front haut, me regardait de son regard un peu myope, je me disais qu'ainsi, les détails de ma peau devaient lui paraître plus flous, plus doux, comme un voile, la brume du matin sur mes collines.
Alors, comme indépendantes de sa volonté, ses mains se glissaient sous le tissu rèche, froissé de nos ébats précédents et de ne pas faire son lit de la journée, ses doigts franchissaient les obstacles, ma main qui le retenait pour l'agacer ou bien un morceau de toile récalcitrant retenu entre mes genoux bien serrés.
Je le faisais lutter, je lui rappelais sa condition de chasseur, l'affût, l'attente, la course, l'impatience...alors que devant lui, sa proie se faisait une fois proche une fois lointaine.
Le café était un lointain souvenir quand je le laissais enfin croire à sa victoire.
D'un geste ample je jetais loin de nous ce drap trop joueur, je me mettais debout pour qu'il admire encore la fierté de sa proie, qu'il ne croie jamais qu'un jour elle lui serait acquise, non, j'étais bien trop fière et trop sauvage pour me laisser totalement apprivoiser.
Il s'arrêtait dans sa course folle, brillant de l'effort, échauffé encore, et me regardait, stoïque, amusé, point résolu, non jamais, à laisser s'échapper la biche.
Un grand rire nous secouait alors, brisant nos dernières forces, et toute notre volonté de faire semblant de se resister.
Comme deux jeunes cerfs luttant pour la place de chef de clan, face à face nous nous confrontions dans un corps à corps glissant, avant de tomber au sol, sans vainqueur ni vaincu(e)s.
Cette photo, nous avons la même dans notre mémoire...
Après la bataille, qui nous avait laissés repus et satisfaits, je me suis dirigée vers la vasque dans laquelle j'ai versé l'eau du pichet.
Et, penchant la tête, j'ai porté à mon visage la fraîcheur des sous bois, la source claire d'une journée parfaite.

Juste un hommage léger à ce grand photographe...
Solveig


Juste pour que vous n'oubliiez pas, que la date d'arrivée du train de l'Orient Express se rapproche, une semaine de voyage, qui se termine sur le quai le 15 à minuit...
Vos contributions à l'adresse de l'antichambre: lhantichambre@gmail.com

mercredi 2 décembre 2009

Le Baiser


Ce matin là, il faisait gris, tu me tenais par la taille, serrée contre toi, tu ne me lâchais pas, j'aurais pu m'envoler avec ce vent fripon qui soulevait mes cheveux. Je sentais ton parfum parvenir à mes narines, j'avais le goût de ta bouche sur mes lèvres, tu m'avais embrassée quelques intants plus tôt dans le bus, gourmand, content de me retrouver. Je pouvais passer ma main sous ta veste, tu ne pouvais pas glisser tes bras sous mon manteau. Mais je me retenais, le contact électrique de nos deux corps aurait produit trop d'étincelles pour passer inaperçu même dans la ville la plus anonyme du monde.
Et puis nous nous sommes retrouvés là, devant ce bâtiment célèbre, presque au mètre près de cette photo fameuse. toi comme moi, l'avons pensé, sans l'avoir voulu, comme un baptême, comme un symbole, comme la continuité de l'histoire d'amour parisienne, par delà les générations et les années, toujours en noir et blanc...ton regard amusé et interrogateur, mes yeux dans les tiens et mon sourire affamé, oui, nous devions nous embrasser comme ce couple de parisiens pris dans l'objectif de Doisneau.
La foule autour de nous était disparate, la faute au temps maussade. Les bruits se sont atténués, une sorte d'émotion serrait ma poitrine et faisait battre cette veine à ton cou. Notre excitation était réelle, de désir comme de plaisir, nous serions comme eux, célèbre dans notre coeur au moins, puisque au grand jamais nous ne devions être reconnus nous, les anonymes...Nous avons regardé le ciel, les vieilles pierres, l'entrée de la galerie souterraine, nous étions seuls, tu m'as attrappée par la taille, je me suis retrouvée face à toi, mon ventre contre le tien, j'étais émue, plus que de coutume encore, c'était notre millième baiser, c'était notre premier. Nous sommes eux, ils sont nous, pour toujours nous avons en nous cette photo, ce souvenir, comme des milliers d'autres avant, comme tous les amoureux de la terre, mais à la difference près que nous, on s'aime.



Solveig

vendredi 27 novembre 2009

Paris#3


Tu coules dans mes veines, courant puissant qui étreint ma peine. Je ne sais plus qui je suis de toi ou de moi, qui m'ensorcèle. La lutte est subtile, de pas en entrechats, de sauts en entrelacs, je pirouette, comme une chatte qui débobine le fil de ta pensée.
Envoutée, je te suis des yeux, je dessine ton ombre avec mes cils, ma peau frissonne au souffle de ta vie.
Je pleure des larmes d'eau saumâtre, ou des gouttes de pluie sale,depuis que je t'ai quittée cet après midi là, franchissant tes remparts, tombés le matin, remontés le soir.
Ma tristesse est sombre comme la vase que tu charries, fatalité qui veut que tu sois si loin de moi.
Je ne peux pas t'oublier, parfois je le voudrais, comme de me laver de tes miasmes, qui recouvrent ma peau comme le linceul de ton deuil.
Femme de marin, je tourne le dos dès que ton bateau a quitté le port, je vaque à ma vie sans toi, comme si elle se finissait encore, et encore, puisqu'au fond, de nos retrouvailles jamais je ne suis certaine.
Va!
Mon coeur n'est pas assez grand pour contenir cette douleur, elle déborde de mon corps, elle se couche à mes pieds, ne la vois tu pas?
Je vais lui marcher dessus, lui faire un sort, la pousser du pieds dans un coin de mon âme, comme si fermer une porte permettait de fermer les yeux et d'anéantir le souvenir qu'il me reste de toi.
Que fais tu encore là?
Je t'adore et je te hais tout à la fois, je suis folle de toi et ça me rend folle, quitte moi pour que je puisse être affligée, pour que je puisse souffrir raisonnablement.
Pars! non! c'est moi!
Adieu.

Solveig.

mercredi 25 novembre 2009

Paris#2



Elle attendait dans la pièce sombre, éclairée seulement par quelques spot judicieusement placés, de quoi mettre en valeur sa matière et sa couleur...
J'ai pu approcher mon visage, presque à le toucher.
Je me suis retenue de poser mon doigt.
J'ai ouvert les yeux et admiré sa lumière.
Paris était grise.
Mais mon coeur en fête.
Nous étions notre ombre et notre lumière, bras dessus bras dessous, nous ne nous quittions plus.
Le vent soulevait mon manteau, étirait vers le haut mon sourire ravi. Nous nous frôlions, anonymes, nous nous reconnaissions, tactiles.
Il ne m'a pas fallu longtemps pour retrouver mes repères, du bout des doigts, du bout des lèvres.
Nous nous sommes parcourus, d'artères en artères, ne reculant devant aucune impasse, explorant des quartiers inconnus, tous nos sens en éveil.

Jusqu'au bout de nos forces, jusqu'au bout de nos rêves, enfin réunis, nos désirs assouvis.
Ne plus partir, ne pas rentrer, rester un peu encore, contre toi, avec toi, en toi comme une invitée de passage, fidèle au-delà des temps, au delà des autres.
Paris, écrin précieux d'instants fragiles.



Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble

C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon coeur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble

Louis Aragon
"Vers à danser"


Découvrez Jean Ferrat!

jeudi 19 novembre 2009

Be For...


Ne prévoir que du beau.
Ecouter son coeur frissonner.
Anticiper.
Caresser le billet des doigts, se l'approprier, croire en son pouvoir.
Eliminer l'attente inutile. Se faire ouvrir les portes plus tôt, être la première.
Tressaillir. A sa voix.
Sursauter. Au bruit des rails.
Avoir froid, avoir chaud, transpirer peut-être.
Rougir.
Mes jambes sont en coton.
Je suis plus apprêtée que jamais.
Lisse.
Douce.
Vernissée.
Exclure le maquillage.
Il ne resistera pas.
Se contenter du rouge de mes joues, du rose de mes lèvres, de la couleur de mes yeux.
Choisir les dessous qui tranchent sur la blancheur de ma peau. Avoir envie de les voir et de les enlever.
Enfiler un collant délicatement, assise sur le bord du lit.
Passer une robe, qui tombe jusqu'à mes genoux.
Passer la brosse dans mes cheveux, encore, et encore.

Se vaporiser un nuage, juste un nuage, il ne devra pas y en avoir d'autres sur ma route.
Ajuster mes bottes.
Prendre sa respiration, comme si j'allais manquer d'air.
Ne pas oublier mon billet, mes sun-glasses, mon baume et mes petits gâteaux.
Déposer ma pelisse sur mes épaules, relever ma capuche, glisser mes gants de cuir fin autour de mes doigts, porter mon sac à l'épaule, me remémorer l'essentiel.

Je viens.
Je cours, je vole, m'attendras-tu?


Solveig.


mardi 17 novembre 2009

Retrouvailles




Comme à chaque fois ...elle me le prend...puis me le rend...

Elle me le rend...mais différent...comme à chaque fois...

Sa peau a bruni, ses yeux sont délavés, ses cheveux ont poussés, ses traits sont tirés...

Comme à chaque fois je suis là. Je l'attends. Je le regarde déambuler. Je connais par cœur ses moindres gestes.

Comme à chaque fois il ne me regarde pas.

J'aime le voir. J'aime le désirer.

Le vent siffle et me gifle. C'est sûr, c'est le vent qui me fait mal. Pas son indifférence. Comme à chaque fois.

La pluie tombe enfin. J'ai bien cru qu'elle n'arriverait jamais celle là.

Attends . Ne saute pas tout de suite sur le quai. La pluie ne tombe pas assez.


Là.


C'est bon. vas-y. Pose ton pied sur la terre ferme. Je suis trempée. Toi aussi. Ainsi tu ne verras pas mes larmes.

Tu finis d'amarrer ton maudit navire.

Je passe derrière toi. Comme à chaque fois.

Tu me saisis par le poignet. Comme à chaque fois.

Tu prends ton sac et nous remontons les ruelles du port. Comme à chaque fois.

Tu marches doucement. Comme à chaque fois.

Tu m'entraines dans une impasse. Comme à chaque fois.

Tu enfouis ton visage dans mon cou, puis tu remontes vers ma bouche.

Tu me portes et me pose sur le muret.

Tes mains glissent sous mon tee-shirt mouillé.

Tu masses délicatement mes seins.

Tu pétris mes hanches.

Nos lèvres ne se quittent plus.

Tu soulèves ma jupe, que la pluie colle à mes jambes.

Tes yeux pétillent..comme à chaque fois...je n'ai pas (voulu) prendre le temps de mettre quelque chose ...

je ne tiens plus....tes doigts ne suffisent plus...

Viens !

Vite je t'en supplie !

J'aime...

Comme à chaque fois....

J'aime...

Nos retrouvailles.

Loève.

vendredi 13 novembre 2009

Paris


Je viens, de mon pays là bas, reconnaître la Capitale, ville lumière, ville des âmes amantes, des corps amoureux, des histoires passionnelles, des coups de foudre et coeurs brisés.
Je viens, bientôt, t'attendre et te voir, te reconnaître ou si peu, te découvrir un moment, pénétrer tes artères, les parcourir de ma fièvre.
Je viens, j'erre, je glisse le long des quais, franchissant un pont et un autre par en dessous, je vois mieux tes jambes, tes voutes.
Je viens, je lève la tête, mes cheveux se suspendent dans l'air du temps, ils volent entre tes doigts habiles.
Je viens, seras tu là, près à me prendre, à me montrer ton axe, ta symétrie, ta force, tes lumières.
Je te regarde de ce banc, tu es de pierre, tu es fluide, tu es fiable, tu es d'argile, je ne fais que te saisir, il faudra bien que je te relâche, je leur raconterai, un jour, ce que nous avons fait.
Paris.
Attends moi.
Aime moi, comme je veux t'aimer,
Apprends moi, qui tu es, ce que tu aimes, je te dirais ce que je veux, ce qui me possède.
Capitale.

Solveig.

lundi 2 novembre 2009

Impatience...

Y croire.
Attendre.
Tourner.
Se ronger les sang, ronger son frein.
S'assoir.
Se lever.
Garder la tête basse, lever les yeux au ciel.
Soupirer.
Gémir.
Porter ses mains au ventre.
Marcher.
Déambuler.
Passer ses doigts sur le mur.
Tambouriner.
Observer ses pieds.
Se demander si ce rouge...
Caresser sa jupe.
La faire glisser sur ses genoux, un peu plus haut?
Tendre ses doigts
Tendre sa jambe.
Tourner ses chevilles. Faire une pointe, ou deux.
Croiser ses doigts.
Nouer sa mèche de cheveux.
Frotter le bout de son nez.
Se gratter la gorge.
Soupirer, encore.
Se lever.
Le voir.
Se demander, et si?
Si, c'est lui...
Ne plus bouger.
Se figer.
Sentir son coeur battre, bondir.

Mourir.

Vivre.
Contre lui.
Mmmm.
Tout contre.

Respirer, enfin.
L'aimer.



Solveig.

mercredi 14 octobre 2009

On the road

Elle se laissera apprivoiser avec le temps. Le temps fait l'expérience, l'expérience fait le geste.

Depuis si longtemps que je la regarde, que mon regard la suit quand elle croise ma route, que je sens mon coeur cogner quand j'y pense.

Enfin, elle est là, chez moi.

Je peux la voir, l'admirer, la toucher.

La première fois, je n'ai pas osé. Par peur de son contact, de sa force et de sa douceur, et si elle me tombait dessus?

Et puis, il m'a dit: essaie, vas-y, monte dessus.

Mon corps ne l'a pas fait ployer, elle s'est souplement tassée, m'accueillant largement, toute de rondeur, toute de souplesse.

Et puis nous faisons connaissance, je sens sous mes cuisses sa chaleur, sa puissance. Il a dit: serre les genoux, tu maîtrises avec tes jambes, c'est ton corps qui décide, soit ferme...

Ferme, mais douce

N'empoigne pas, caresse,

Ne saccade pas, laisse toi couler toi, soit souple.

Peu à peu, elle est mon amie, ma liberté.

Avec elle j'irai loin.

Pour de longues chevauchées.

Solveig


mercredi 7 octobre 2009

Eau





Le déluge.

Il assaille mes fenêtres comme il tombe sur ma peau.

La goutte persifle, elle envahit.

L'eau me mouille les pores, elle pénètre mon intérieur.

J'ai envie de mettre le nez dehors.


L'eau qui lave, coule dans mes cheveux.

Elle chatouille mon cuir, elle glisse maligne.

Je suis vêtue de ma chemise de nuit.

Il n'en faut pas plus pour être nue.

La pluie qui colle, qui déshabille.


Je suis un arbre, un nénuphar,

Je reste immobile, les pieds qui s'enracinent.

Je grandis, je croîs, plante vivante.

Éponge, je ferme les yeux,

Larmes qui ne coulent pas,

Néanmoins je pleure du ciel,

Derrière moi, un souffle,

Est ce toi? est ce le vent?

Est ton corps qui s'applique à me tordre?

Ta main qui sèche mes mèches?

Ta bouche qui boit mon eau?


Avide, je puise dans la terre de ton âme,

Tu me donnes vie de ton corps accord,

Trempe la tige dans la rosée qui me brûle,

Verte, je suis,

Jamais fanée,

Je m'alanguis.

En toi, je ploie,

Ronde comme la goutte qui glisse,

Vibrante, sous le ressac,

Je finis par m'étendre,

Comme un lac

Dans ta forêt tropicale,

Comme une brise

Cette fois soumise.

Ta



Solveig